12 décembre 2004

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Mais après avoir réfléchi longuement à cette hypothèse, aussi bien en groupe lors de nos réunions, que bien après cette époque, et tout au long de ma vie, il fallait bien se rendre à l'évidence. Le rêve éveillé à cela de magique et de beau, que c'est une solution très probable sur la réalité de nos conditions. Toute notre vie nous allons donc vivre dans ce monde imaginé et voulu de toute pièce par mon inconscient, qui va façonner ce monde, cette vie, selon ce qu'il aura envie de voir, de connaître et de ressentir dans la journée. Mais alors, voilà qu'un problème se pose. Ce problème j'ai continué à m'y pencher dessus bien après la fin de nos réunions.

Car oui, il fallait bien que cela se finisse. Nous ne pouvions, toute notre jeunesse, passer du temps à réfléchir assez régulièrement sur ces questions métaphysiques. Nous ne pouvions cumuler l'apprentissage de nos cours, nos vies d'étudiants, nos rencontres, nos loisirs avec ces réflexions. Triste, on pourrait le penser, mais tellement logique. Nous sommes humains après tout, et comme toutes les générations qui nous ont précédés, il y a un moment où l'abandon et le renoncement prennent le dessus sur nos idéos de jeunesse. C'est comme ça avec tout dans nos vies, il y a un moment où l'on se laisse porter par notre vie au lieu de faire en sorte que nous soyons maîtres de notre destin. Après telles études, on va aller dans telle filière spécialisée, puis effectuer tel stage et enfin intégrer tel poste de travail. Cela paraît tellement simple qu'on ne se pose pas vraiment de questions, on est encore jeunes et on se dit qu'on verra plus tard pour faire ce que l'on a vraiment envie de faire, on a le temps ... si tant est que l'on sache vraiment ce que l'on désire plus que tout faire de notre vie et dans notre vie. C'est donc tout naturellement que nous avons cessé de se rencontrer pour parler de ces questions. Oh tout cela s'est fait d'un commun accord, l'intérêt, je le sentais, déclinait au fur et à mesure des semaines qui passaient. Il y eut tout de même un fait générateur qui entraîna définitivement l'abandon des séances, notre rupture avec Cloé. Nous, les deux membres fondateurs de ce cercle d'initiés qui ne s'entendaient plus, après avoir pourtant partagé et découvert tant de bonne choses ensemble, c'en était trop pour poursuivre nos hypothèses.

C'est donc tout naturellement que je me suis mis tout seul à réfléchir aux problèmes que j'estimais majeurs dans une vie. Bien entendu que la fin de notre relation avec Cloé m'avait vraiment porté atteinte, mais d'un autre côté, je l'avais moi-même initiée. Je l'avais rencontrée un soir, seule, dans cette petite salle de la bibliothèque pour lui expliquer que je ne pouvais plus continuer avec elle sur le même type de relation que nous avions depuis quelques mois. Si de la peine se faisait sentir chez elle, il y en avait autant dans ma voix quand je lui exposais les raisons de cette rupture. Elle le comprit finalement assez bien, et nous allions rester très bons amis tout au long de nos études supérieures.

Le problème principal de ma théorie sur le rêve éveillé était le fait que ce soit mon rêve à moi. En effet, pourquoi cette hypothèse ne me concernait que moi, pourquoi les autres intervenants dans mon rêve ne pouvaient eux-mêmes faire le même type de rêve ... autrement dit, n'étais-je pas moi non plus qu'une imagination d'un de ces acteurs en train de rêver...

Posté par Yanx à 12:49 - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur PAGE 7

    Tous

    Nous sommes tous des songes, des illusions qui nous sommes recouverts d'une envellope corporelle. Nos corps sont différents, nos buts, nos chemins le sont aussi; mais est-ce que l'issus ne sera pas identique pour tous?

    Posté par Shakti, 13 décembre 2004 à 00:27 | | Répondre
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